SCHÖNBERG CLAUDE-MICHEL

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CLAUDE-MICHEL SCHÖNBERG

 

né en 1944

BIOGRAPHIE :


Né à Vannes le 6 juillet 1944 de parents hongrois, Claude-Michel Schönberg est bercé dès son plus jeune âge par des enregistrements d’opéras. Est-ce la raison pour laquelle il suivra des études musicales dans le conservatoire de sa ville natale ? Toujours est-il qu’après ses études à l’Ecole Supérieure de Commerce de Nantes, il intègre en 1963, le groupe de rock « Les Venetes », comme compositeur, pianiste et chanteur.

En 1967 il est engagé par Pathé Marconi au poste de directeur artistique en compagnie d’un certain Michel Berger, pour les groupes « Variations », « Triangle », « Wallace Collection » et « Roche Martin » ou l’orchestre de Franck Pourcel, ainsi que pour les artistes Régine, Dani, Gilbert Bécaud, Véronique Sanson, Adamo ou Thierry le Luron …

En 1972, il quitte Pathé Marconi pour se consacrer avec Raymond Jeannot, à la composition du double album La Révolution Française, sur des paroles d’Alain Boublil et Jean-Max Rivière, composé de 24 chansons, illustrant 24 événements survenus entre 1789 et 1793. A un moment où le théâtre musical est pourtant en total déclin en France, à la demande de producteurs, l’album La Révolution Française verra en 1973, la création de sa version scénique au Palais des Sports, dans lequel Claude-Michel Schönberg interprète le rôle de Louis XVI, après en avoir composé des musiques additionnelles de liaison. Il racontera par la suite (dans sa note d’intention de la reprise des Misérables) : « Tout a commencé à Broadway en 1972, lorsqu’ Alain (Boublil), un auteur de chansons et directeur artistique d’une édition musicale en visite à New York fut invité à une représentation de Jésus Christ Superstar. Ce qu’il vit sur scène concrétisait tous les rêves que nous avions fomentés ensemble depuis notre première rencontre en 1967 : écrire une véritable histoire racontée en musique mariant notre passion pour le théâtre, la chanson et l’opéra. Alain ne se coucha qu’à l’aube après avoir trouvé l’idée de notre première comédie musicale : La Révolution Française, baptisée par la suite « premier rock opéra français ».

Franck Pourcel produira en 1974, son premier album avec le titre « Le Premier pas », dont il a écrit paroles et musique. La chanson sera en tête de tous les « hit parades » durant l’été et l’automne, devenant numéro 1 en France avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Il enregistrera ainsi jusqu’en 1985, six albums toujours produits par Franck Pourcel, dans lesquels il chantera ses propres chansons.

Après le succès de La Révolution Française, il retrouve Alain Boublil, en 1978, avec l’idée de composer une nouvelle comédie musicale écrite, cette fois, directement pour la scène et non réadaptée d’un album. Leur choix se porte sur une adaptation des Misérables de Victor Hugo, un ouvrage universel sur le thème principal de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est Alain Boublil qui en eut l’idée, après avoir assisté à Londres à une représentation d’Oliver, la comédie musicale de Lionel Bart (d’après le roman de Charles Dickens, Oliver Twist) dont le personnage d’Artful Dodger, le petit pickpocket, lui avait fait penser à Gavroche… Ecrit entre 1978 et 1980, en collaboration avec Jean-Marc Natel pour les paroles, Les Misérables, alors construit comme une comédie musicale traditionnelle et qualifié de tragédie lyrique, est créé le 17 septembre 1980 au Palais des Sports pour 105 représentations, dans une mise en scène de Robert Hossein.

Le producteur britannique Cameron Mackintosh, séduit par l’ouvrage, à l’écoute de l’album, demande au tandem de le développer dans une forme opératique, en vue d’être présenté à Londres. Il sera créé dans cette nouvelle version adaptée en anglais par Herbert Kretzmer, le 8 octobre 1985 au Barbarican Center où il recevra un accueil enthousiaste de la critique et du public. Broadway l’accueillera le 12 mars 1987 au Broadway Theatre puis à l’Imperial Theatre où il ne quittera l’affiche que le 18 mai 2003, totalisant 6680 représentations. Il fera par la suite l’objet de deux reprises à Broadway, au Broadhurst Theatre (du 9 novembre 2006 au 6 janvier 2008), et à l’Imperial Theatre (du 23 mars 2014 au 4 septembre 2016). Pas moins de quatre tournées successives ou simultanées parcourront également les Etats-Unis entre 1987 et 2013. Mais le succès des Misérables ne s’arrêtera pas aux pays anglo-saxons, ce sera un succès mondial dont on ne compte plus les récompenses internationales les plus prestigieuses, et en mars 2009, « Les Mizz » devient (et reste) la comédie musicale qui enregistre le plus grand nombre de spectateurs de par le monde.

Cette nouvelle version « opératique » sera d’ailleurs présentée au théâtre Mogador dans sa version française, à partir du 12 octobre 1991, durant six mois, dans la même production originale de Londres ou de Broadway. Une nouvelle production, toujours produite par Cameron MacKintosh, verra le jour en 2010, plus spécialement réalisée pour les tournées, utilisant des décors partiellement en projections, reprenant des aquarelles de Victor Hugo. Elle s’arrêtera, en version anglaise au Châtelet pour 45 représentations en mai 2010.

Le tandem gagnant Schönberg-Boublil, auquel le producteur Cameron MacKintosh est désormais devenu indissociable, devant le peu de possibilités alors offertes en France, se tournera vers l’Angleterre et les pays anglo-saxons. On lui devra ainsi quatre autres comédies musicales :

 Miss Saigon, adaptation de Madame Butterfly (dont le jeune Claude-Michel écoutait chez ses parents, son enregistrement intégral en 30 disques 78 tours), dont l’action est transposée pendant la guerre du Vietnam. Il sera créé au Drury Lane Theatre de Londres, le 20 septembre 1989, où il tiendra l’affiche jusqu’au 30 octobre 1999, durant 4264 représentations. Le Broadway Theatre l’accueillera à partir du 11 avril 1991 durant plus de 4000 représentations jusqu’au 28 janvier 2001. Une nouvelle reprise en est prévue à partir du 1e mars 2017. L’ouvrage sera également régulièrement produit aux quatre coins de la planète, mais attend toujours sa création en France.

Martin Guerre, d’après le film « Le retour de Martin Guerre » de Daniel Vigne (inspiré du roman de Janet Lewis), sera ensuite créé en 1996 au Prince Edward Theatre de Londres (version anglophone d’Edward Hardy et Stephen Clark Edward). Malgré son succès qui lui permettra de se voir décerner le Laurence Olivier Theatre Award 1997 du meilleur « Musical » (alors que Les Misérables et Miss Saigon qui s’y étaient vus nommés ne l’avaient pas remporté), il ne satisfait pas les auteurs. De modifications en modifications, le spectacle finit par s’arrêter durant quelques jours à peine trois mois après son démarrage, pour un nouveau remaniement. Cette nouvelle version s’éloigne alors tellement du CD du spectacle qui vient de sortir que ce dernier finira par être retiré de la vente. Le spectacle tiendra toutefois l’affiche durant vingt mois. Ce n’est que deux ans plus tard qu’une mouture définitive verra finalement le jour. Cette version plus dans l’esprit de ce que ses créateurs avaient en tête au début du projet, sera créée à Leeds le 4 décembre 1998, dans le cadre d’une tournée qui parcourra la Grande-Bretagne. Une tournée américaine sera conjointement organisée sur tout le territoire, mais ne s’installera pas à Broadway.

The Pirate Queen est la première comédie musicale que le tandem créera pour les Etats-Unis (version anglophone de John Dempsey et Richard Maltby Jr.). Reprenant l’histoire de Grace O’Malley, une pirate irlandaise du XVIe siècle, l’ouvrage sera créé à Chicago au Cadillac Palace Theater, le 3 octobre 2006 avant de rejoindre l’Hilton Theater de Broadway à partir du 5 avril 2007, mais il sera retiré de l’affiche dès le 17 juin suivant, après seulement 85 représentations.

Marguerite, la dernière comédie musicale en date du tandem (version anglophone d’Herbert Kretzmer), incluant des musiques de Michel Legrand a été créé à Londres le 6 mai 2008 au Royal Haymarket Theatre pour un nombre limité de représentations, jusqu’ au 1er novembre suivant. Inspirée par La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, son action où la maîtresse d’un officier allemand s’attire l’amour d’un pianiste plus jeune qu’elle, a été déplacé durant la Seconde Guerre Mondiale dans un Paris occupé.

Claude-Michel Schönberg a également composé la musique de deux ballets : Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent) qui a été créé en septembre 2002, par la United Kingdom’s Northern Ballet Theatre Company, et Cléopâtra, en 2011, tous deux chorégraphiés par David Nixon.

La force des partitions de Claude-Michel Schönberg, réside dans une musique avant tout théâtrale, avec notamment l’utilisation de réminiscences musicales – particularité dans laquelle Puccini, qu’il admire, était passé maître – ajoutant ainsi une intensité dramatique au texte. Sa musique n’est jamais gratuite et sert un texte en parfaite osmose. Lors d’une interview accordée à la revue « Opérette – Théâtre Musical », lors de la création des Misérables au Palais des Sports en 1980 (n°36), à la question : « Pensez-vous être (avec Alain Boublil) les protagonistes d’une nouvelle forme de théâtre musical ? », il répondait : « Non, parce qu’il n’y a pas de nouvelle forme de théâtre musical. Ce que nous faisons n’est pas autre chose que de l’opérette qu’on a plus tendance à appeler aujourd’ hui comédie musicale. /…/ Techniquement et sur le plan de la sophistication technologique, c’est peut-être différent des opérettes, mais le spectacle en lui-même, ses bases fondamentales, c’est de l’opérette. /…/ Nous aurions pu appeler Les Misérables « comédie musicale » mais ce mot comédie ne nous a pas plu et nous avons préféré l’appellation de « tragédie lyrique », mais il ne faut pas en faire un problème de mots. Il y a une polémique sur les appellations de ce genre de spectacle, mais en fait, tout cela, c’est de l’opérette » (ndlr : d’ailleurs la plupart des compositeurs américains de comédie musicale se réclament de la tradition de l’opérette européenne, se considérant comme les héritiers d’Offenbach, la différence entre l’opérette et la comédie musicale contemporaine n’est (comme ce fut le cas à toutes les époques) que dans le style et non dans la forme, la comédie musicale américaine laissant toutefois le plus souvent une place importante à la danse, contrairement à l’opérette européenne où cette dernière n’est qu’occasionnelle)

Retrouvez Claude-Michel Schonberg dans les numéros 36, 81,120 et 155 de la revue « Opérette – Théâtre Musical »