Cabaret

Cabaret

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Cabaret

John Kander
18 mars 1927

I. L’ARGUMENT
II. LA PARTITION
III. FICHE TECHNIQUE
IV. DISCOGRAPHIE
V. RÉFÉRENCES

Cabaret :


Au départ, Cabaret nous a été familier grâce au film de Bob Fosse (1972), interprété par une admirable Liza Minnelli entourée de Michel York, Helmut Griem, Joel Grey… Ce film était tiré de la comédie musicale créée à Broadway le 20 novembre 1966, elle-même basée sur la pièce de John Van Druten : I am a camera et sur quelques pages du recueil de Christopher lsherwood : Adieu à Berlin.

En cette année 1966, les directeurs de théâtre new-yorkais faisaient grise mine. Les recettes étaient en baisse, la création s’essoufflait et le seul phénomène marquant était la venue de spectacles importés du vieux continent. Un homme ne désespérait pas : Harold Prince, producteur et metteur en scène, dont le nom reste attaché au renouveau du « musical » depuis un quart de siècle. C’est lui qui a cru à West Side Story, refusé par la plupart de ses confrères et au Violon sur le toit.

Aussi, lorsque Joe Masteroff, romancier et chroniqueur réputé, lui propose son projet, une fois encore il pressent l’occasion de contourner les habitudes pour imposer une nouvelle maturité au genre. Pressentis par Harold Prince, John Kander (compositeur) et Fred Ebb (lyrics) écrivent en quelques mois toutes les chansons qui transforment le livret dur et pessimiste en une fête pathétique. Kander et Ebb imaginent avec Masteroff cet inquiétant maître de cérémonie, grimé comme l’image de la mort, machiavélique manipulateur. Un personnage qui doit beaucoup à son interprète Joel Grey. Son rôle pourtant intermittent capta l’attention de tous, limitant celui de la logeuse joué par Lotte Lenya. Le mimétisme était tel que Bob Fosse, dans l’adaptation filmée ne put l’oublier dans sa distribution.

Cabaret resta plus de trois ans à l’affiche (1165 représentations) ; résultat remarquable qui lui permit de se glisser dans le club très fermé des meilleures recettes de l’histoire du « musical ». Tout au long de sa carrière à Broadway, Cabaret draina bon nombre de spectateurs qui avouaient n’avoir jamais assisté à une comédie musicale. Attirés par l’étrangeté du propos et sa densité romanesque, ils constituèrent le réservoir d’un nouveau public.
Vingt ans après sa création à Broadway, c’est-à-dire le 13 mai 1986 à Lyon (Théâtre du 8°), Cabaret était présenté dans une adaptation Française de Jérôme Savary. L’ouvrage était accueilli à Mogador le 18 mai 1987, avec Ute Lemper et Michel Dussarat. Une réussite que les médias et le public n’ont pas démenti. Cette production fut reprise dans le même théâtre, mais avec une distribution différente, le 24 janvier 1995.

A Broadway, l’ouvrage a été repris le 22 octobre 1987 à l’Impérial Théâtre puis au Minskoff Théâtre, toujours dans la production d’Harold Prince, mais il fut alors tièdement accueilli, malgré le retour de Joel Grey, dans le rôle du maître de cérémonie.
Il faudra attendre le 19 mars 1998, pour que Cabaret batte une nouvelle fois des records, lorsque le metteur en scène et réalisateur Sam Mendes, avec la collaboration du chorégraphe et réalisateur Rob Marshall, en présente une version épurée et plus libertaire, au Théâtre Henri Miller rebaptisé pour la circonstance « Kit Kat Klub ». Devant le succès de ce spectacle, il déménagea neuf mois plus tard dans le Studio 54. Son triomphe le maintint à l’affiche jusqu’au 4 janvier 2004, totalisant ainsi 2377 représentations (record de représentations pour une reprise).

Evènement de la rentrée parisienne 2006-2007, Cabaret, dans la version réalisée et mise en scène par Sam Mendès sur des chorégraphies de Rob Marshall est créé sur la scène des Folies-Bergère le 27 octobre 2006.

L’ARGUMENT :


Cabaret raconte l’histoire d’un jeune écrivain américain, Clifford Bradshaw, qui, au cours d’un voyage à Berlin, au début des années 30, tombe amoureux de Sally Bowles, la meneuse de revue de la boîte de nuit « Kit Kat Klub ». C’est l ‘époque où les nazis s’activent à mettre sur pied le troisième Reich.
Sally et le Maître de cérémonie du club, personnage ambigu, essayent de faire oublier aux spectateurs les difficultés de la vie et les menaces grandissantes du monde extérieur. La jeune femme rêve de devenir une grande vedette et d’échapper à cet univers.

C’est Ernst Ludwig, un activiste politique également contrebandier, qui lui fait faire la connaissance de Clifford. Clifford et Sally vivent une histoire d’amour de même que la logeuse du couple, Fraulein Schneider, demandée en mariage par le marchand de fruits Herr Schultz. Une fête est prévue pour célébrer cet événement. Clifford et Sally offrent leur cadeau de fiançailles. Un peu éméché, Herr Schultz, chante une chanson qui déclenche une réaction dans l’auditoire et Ernst conseille vivement à Fraulein Schneider d’abandonner son projet de mariage avec un juif. Le mariage est rompu, Fraulein Schneider ne voulant pas prendre le risque de se voir retirer sa licence.

Clifford est opposé à cette décision mais ne peut rien faire. Il se résout à quitter Berlin et d’emmener Sally avec lui en Amérique. Sally refuse de quitter le « Kit Kat Klub ». Et elle décide de ne pas garder l’enfant qu’elle porte. Après un dernier affrontement au « Kit Kat KIub », Clifford se fait corriger par des nazis, amis de Ernst. Meurtri, blessé dans son amour et dans ses convictions, il s’en va, laissant à Sally un ticket de train pour Paris. Sally ne le rejoindra pas. Une dernière scène la montre incrustée sur la scène du Kit Kat KIub.

LA PARTITION :


Wilkommen(Le Maître de Cérémonie) ; So What ? (Fraulein Schneider) ; Don’t Tell Mama (Sally Bowles, Le Maître de Cérémonie et les Girls) ; Telephone Song (La compagnie) ; Perfectly Marvelous (Sally Bowles et Clifford Bradshaw) ; Two Ladies (Le Maître de Cérémonie et deux girls) ; If Couldn’t Please me more (A Pineapple) (Herr Schultz et Fraulein Schneider) ; Maybe This Time (Sally Bowles) (1) ; Tomorrow Belongs To me (Le Maître de Cérémonie, Felix et les Boys) ;Why Should I Wake Up ? (Clifford Bradshaw) ; The Money Song (Sitting Pretty) (Le Maître de Cérémonie et les Girls) ; I’m Sitting Pretty (Le Maître de Cérémonie) (1) ; Married (Heiraten)  (Fraulein Schneider et Herr Schultz) ; Entracte et Tiller Girls (Le Kit Kat Band et les Girls) ; I Don’t Care Much (Le Maître de Cérémonie) (2) ; Meeskite(Herr Schultz) ; If you could see her (Gorilla Song) (Le Maître de Cérémonie) ; What Would You Do ?(Fraulein Schneider) ; >Mein Herr(Sally Bowles) (1) ; Cabaret (Sally Bowles) ; Finale (Tous)

(1) Numéros composés pour la version filmée et ajoutés dans les versions de Sam Mendes et de Jérôme Savary
(2) Numéro original supprimé à la création et réinséré dans la version de Sam Mendes 

FICHE TECHNIQUE :


Cabaret

Création mondiale
Comédie musicale de Joe Masteroff (livret), Fred Ebb (lyrics) et John Kander (musique). Création mondiale à Broadway (Broadhurst Theatre) le 20 novembre 1966. Avec :
Jill Haworth (Sally Bowles) ; Joel Grey (le Maître de Cérémonie) ; Lotte Lenya (Fraulein Schneider) ; Jack Gilford (Herr Schultz) ; Cheville Murray (Fraulein Kost) ; Bert Convy (Cliff Bradshaw) ; Hiver d’Edouard (Ernst Ludwig).

Versions françaises
Version Savary
Création française à Lyon, théâtre du 8 le 13mai1986. Adaptation et mise en scène de Jérôme Savary  ; chorégraphie, Jean Moussy; direction musicale, Oswald d’Andrea ; décors, Michel Lebois ; costumes, Michel Dussarat ; lumières, Alain Poisson ; son, Olivier « Aldo » Pedron ; effets sonores, André Serré. Avec :
Yann Babilée (Clifford Bradshaw), Ralph Zaiser (Ernst Ludwig), Michel Dussarat (Le Maître de Cérémonie), Ute Lemper (Sally Bowles), Magali Noël (Fraulen Schneider), Mona Heftre puis Sylvie Kuhn (Fraulen Kost), Gérard Guillaumat (Herr Schultz)
Création à Paris, théâtre Mogador le 18 février 1987 avec la même distribution sauf pour  le rôle de Fraulen Kost tenu ici uniquement par Sylvie Kuhn.
Version Sam Mendes
Création aux Folies Bergère, adaptation française de Jacques Collard (livret) et Eric Taraud (chansons), le 27 octobre 2006. Avec :
Claire Pérot (Sally Bowles) ; Fabian Richard (MC, le Maître de Cérémonie) ; Catherine Arditi (Fraulein Schneider) ; Pierre Reggiani (Herr Schultz) ; Delphine Grandsart (Fraulein Kost) ; Geoffroy Guerrier (Cliff Bradshaw) ; Patrick Mazet (Ernst Ludwig). Direction musicale : Daniel Glet

DISCOGRAPHIE :


Il n’existe pas de version française de cet ouvrage.
La version originale de Broadway (1966) avec les créateurs est disponible chez Sony.
La version 1998 est disponible chez RCA Victor.

Le DVD du film avec Liza Minnelli est disponible chez Warner Bros.

Renseignements recueillis sur Internet.

CD

Colette Alliot-Lugaz, Tibère Raffalli, Bernard Pisani, Jean Luc Viala. Orch. John-Eliot Gardiner
Sélection du Reader’s Digest CD 3159.10 (extraits intégrale EMI) (3 CD) (+  La Périchole + La Grande Duchesse de Gérolstein)

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