Mascotte (La)

La Mascotte

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La Mascotte

Edmond Audran
1842 – 1901

I. L’ARGUMENT
II. LA PARTITION
III. FICHE TECHNIQUE
IV. DISCOGRAPHIE
V. RÉFÉRENCES

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Edmond Audran

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La Mascotte :


La MascotteUne mascotte, on le sait, est un porte-bonheur. Dans l’une des plus célèbres opérettes du répertoire, ce fétiche est représenté par Bettina, la gardeuse de dindons, qui porte-bonheur à son maître, à condition toutefois de rester une pure jeune fille. Comment vint à Audran l’idée de construire une opérette à partir de ce personnage original ? Nous le savons grâce au fils du compositeur qui raconta toute l’histoire à Max de Rieux (1) :

 » Mon oncle, capitaine au long cours avait donné à sa sœur, c’est-à-dire à ma mère, un bibelot rapporté d’Italie qu’il dénommait  » une mascotte « , sorte de fétiche florentin. Mon père qui, à l’époque, était maître de Chapelle à l’église Saint-Joseph, à Marseille, aperçut un jour ce bibelot sur la table à ouvrage de ma mère. Il fut intrigué et allait s’en emparer pour l’examiner de près. Soudain, ma mère qui avait aperçu son geste s’écria, avec son accent délicieux du Midi (car elle était Marseillaise 100 pour 100) :  » Bonne mère, Edmond, ne touche pas à ma mascotte « . Mon père, étonné, demanda pourquoi :  » parce que, répondit ma mère, cet objet porte bonheur, mais il ne faut que personne n’y touche, sans cela il perd son pouvoir « .
 » Ah ! Ah ! Ah !  » dit mon père rêveur… Puis, peu à peu, dans son esprit imaginatif, le porte-bonheur prit l’aspect d’une femme, une femme qui porterait bonheur sans le savoir elle-même. Cette femme ne devait être touchée par personne et, par les efforts de son entourage, intéressé à son pouvoir magique, resterait pure.

La Mascotte

Isabelle Vernet

Le scénario de La Mascotte était trouvé…, mon père l’expédia à ses collaborateurs habituels, Chivot et Duru, à Paris et ceux-ci en firent le livret, la musique vint ensuite et le tout fut présenté à Cantin, directeur des Bouffes-Parisiens, qui accepta la pièce d’emblée.

La Mascotte fut jouée pendant dix mois. Reprise régulièrement à Paris jusqu’ en 1935, La Mascotte fait escale à Mogador en 1944, puis une courte apparition à la Porte Saint-Martin en 1968, et n’a été ensuite donnée dans la capitale qu’en 2001, à l’Opéra Comique de Paris, dans une mise en scène de Jérôme Savary.

(1) Max de Rieux est à l’origine de la fameuse collection d’intégrales d’opérettes que Universal/ Accord a entrepris de rééditer. Il en fut le réalisateur jusqu’à sa disparition. Guy Lafarge lui succéda.

L’ARGUMENT :


Acte I :
Bettina, l’accorte gardeuse de dindons, est une mascotte. Autrement dit, elle apportera à son maître bonheur et réussite tant qu’elle restera chaste et pure. Elle ignore ses dons, sa préoccupation actuelle étant son prochain mariage avec le berger Pippo, dont le maître, Rocco, est connu aux alentours pour la  » guigne  » qui le poursuit sans relâche.
Bettina est cédée à Rocco, mais celui-ci n’a guère le temps de profiter de ses dons. En effet, le Prince Laurent XVII, autre grand malchanceux, s’arrête à la ferme pour se rafraîchir, en compagnie de sa fille Fiametta et de son futur gendre Fritellini. Surprenant par hasard le secret de la jeune fille, il s’empresse de lui inventer de nobles aïeux et l’emmène à sa Cour.

Acte II :
Depuis que Bettina est au Palais, la prospérité est revenue dans les états du Prince. L’ex-gardeuse de dindons est entourée de tant de prévenances qu’elle passe bientôt pour la maîtresse du souverain. Ce dernier, qui s’inquiète pour l’avenir, envisage sérieusement d’épouser sa mascotte, mariage blanc, bien entendu.
Pippo, déguisé en baladin, accourt pour retrouver son amoureuse. Reconnu, il est jeté en prison où il reçoit la visite de Fiametta. Celle-ci, qui avait été impressionnée à la ferme par la belle allure du berger, se laisserait volontiers conter fleurette par lui. Elle réussit à le rendre jaloux de Bettina et à se faire surprendre dans ses bras par Laurent XVII et les courtisans.
Scandale à la Cour ! Le Prince réagit avec une efficacité éphémère : Pippo est anobli et épousera Fiametta. Bettina, rendue à son tour jalouse, accepte d’accorder sa main au vieux monarque. Fritellini, congédié, quitte le Palais en proférant des menaces. Mais au moment où la double union va se concrétiser, Pippo et Bettina, comprenant qu’on se joue d’eux,  s’enfuient par une fenêtre…

Acte III :
Rien ne va plus pour Laurent. À la tête de son armée, Fritellini lui inflige défaite sur défaite. Il est vrai que Pippo et Bettina ont rejoint ses rangs. Laurent et Fiametta se sont enfuis du Palais, déguisés en mendiants. Ils arrivent aux abords du camp de Fritellini à l’instant où l’on célèbre le mariage du capitaine Pippo et de Bettina. Le Prince révèle à Pippo les dons de son épouse et tente de le convaincre de ne pas consommer le mariage. Rocco, pour se venger du souverain déchu, le pousse au contraire à rejoindre sa femme. Pippo hésite, hésite… mais l’amour l’emporte et Bettina perd bientôt… ses dons.
Les fugitifs sont reconnus et arrêtés. Fiametta est si belle sous ses haillons et Fritellini a si grande allure dans son bel uniforme, que les deux anciens fiancés se réconcilient séance tenante. L’allégresse devient générale lorsqu’on apprend que la  » mascotterie  » est héréditaire.

LA PARTITION :


Ouverture
Acte I
Choeur « La vendange se termine » Couplets du vin doux « Il fait fuir l’humeur morose » (3 paysannes) ; Ballade « Un jour le diable… ces envoyés du Paradis » (Pippo, choeur) ; Entrée « Allons la belle » et Couplets « N’avancez pas ou je tape » (Bettina) ; Choeur « On aime à voir après la chasse » et Couplets des présages « Les gens sensés et sages » (Laurent) ; Couplets « Ah ! qu’il est beau » (Fiametta) ; Couplets du ‘je ne sais quoi’ « D’un athlète ou d’un villageois » (Fritellini, Fiametta) ; Duetto « Je sens lorsque je t’aperçois » (Bettina, Pippo) ; Final I « On sonne, on sonne » (tous).

Acte II
Entr’acte ; Choeur « Qu’elle est belle », couplets des pages « Excusez mon audace extrême » ; Entrée « Ah laissez-moi! » (Bettina, Laurent) et couplets « Que je regrette mon village » (Bettina) ; Choeur « Ah ! quel spectacle charmant » et air de Saltarello « Salut à vous seigneurs ! » (Pippo) ; Duetto « Sais-tu que ces beaux habits-là » (Pippo, Bettina) ; Couplets « Des courtisans qui passeront » (Fritellini) ; Couplets « Chasser le cerf au son du cor » (Laurent) ; Final : « C’est le futur de la princesse » et Chanson du capitaine « Un jour un brave capitaine » (Bettina, choeur).

Acte III
Entr’acte ; Choeur de soldats « Verse, verse à boire » ; Entrée du Prince « Très bien ? bonjour, soldat » (Fritellini) et Couplets du tambour « De nos pas marquant la cadence » (Fritellini) ; Entrée des chanteurs ambulants « Ne tremblez pas braves gens » et Chanson de l’orang-outang « Le grand singe d’Amérique » (Fiametta) ; Entrée de la noce et Ariette « Je touche au but » (Pippo) ; Quatuor « Quoi Pippo! quand je vous réclame » (Bettina, Pipo, Laurent, Rocco) ; Final III  » Pourquoi donc crier ainsi » ‘tous).

FICHE TECHNIQUE :


La Mascotte

Opéra-comique en 3 actes de Henri Chivot et Alfred Duru ; musique de Edmond Audran. Création à Paris, théâtre des Bouffes-Parisiens le 29 (ou le 30) décembre 1880 avec Mlles Montbazon (Bettina) et Dinelli (Fiametta), MM Morlet (Pippo), Charles Lamy (Fritellini), Hittemans (Laurent XVII), Raucourt (Rocco) et Desmonts (Mathéo).

Editions Choudens

DISCOGRAPHIE :


Intégrales

Geneviève Moizan, Denise Cauchard, Robert Massard, Lucien Baroux, Bernard Alvi. Orch. R. Benedetti
Decca puis Carrère 67 759, 2 disques – repris en double CD (Accord-Universal 465877-2 (2000)

Freda Betti, Huguette Hennetier, Willy Clément, Gaston Rey, Raymond Amade, Robert Destain. Orch. ORTF: M. Cariven
Clio 002/3, 2 disques

Sélections

Geneviève Moizan, Denise Cauchard, Robert Massard, Lucien Baroux, Bernard Alvi. Orch. Robert Benedetti
Musidisc 202002, (2 CD) (+ Gillette de Narbonne) & Decca 100.098 (1 V)

Nadine Renaux, Liliane Berton, Michel Dens, Duvaleix, Claude Devos. Orch. J. Gressier
EMI C 057 10843 33T repris en CD par EPM/Emi

Claudine Granger, Lionel Lhote. Orch. Christian Lalune
Sélection du Reader’s Digest CD 3159.2 (3 CD) (+  Les Cloches de Corneville + La Fille de Mme Angot )

Intégrale vidéo : deux versions de l’INA :

Christian Asse, Raymond Amade, Henri Bedex, Maria Murano, Henri Beaulieu, Maurice Derville, Josette Delly, Marcel Chambon
RTF 1957 – INA VIDEO La Mascotte

Lucien Baroux, Roméo Carles, Raymons Amade, Claude Bergeret, Catherine Etcheverry, Christos Grigoriou, Jean Bergeron; dir. Georges Devaux

1961  INA VIDEO La Mascotte

© Académie Nationale de l’Opérette août 2016