Mam’zelle Nitouche

Mam'zelle Nitouche

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Mam’zelle Nitouche

Hervé  (Florimond Rongé dit)
1825 – 1892

I. L’ARGUMENT
II. LA PARTITION
III. FICHE TECHNIQUE
IV. DISCOGRAPHIE
V. RÉFÉRENCES

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MAm’zelle Nitouche :


Mam'zelle NitoucheMamz’elle Nitouche met en scène Célestin, l’organiste d’un couvent qui, le soir venu fait le  » mur  » et se transforme en Floridor, compositeur de théâtre. Ce double rôle a été inspiré aux auteurs par les débuts d’Hervé. En effet, en 1845, Florimond Ronger est organiste à Saint Eustache : il tiendra ce poste pendant plus de 8 ans…
Parallèlement, attiré par le théâtre, s’étant découvert une voix de ténor et des dons de comédien comique, devenu compositeur, il s’en allait chaque soir chanter et jouer dans les petits théâtres de banlieue.

Il lui fallait cacher cette double vie. À Saint-Eustache, on ne lui aurait pas pardonné de faire du théâtre. Si ses camarades comédiens avaient su qu’il était organiste, il aurait fait les frais de plaisanteries qu’il préférait éviter. Il emprunta le nom de l’un de ses élèves et devint Hervé pour le théâtre.

Près de 40 ans plus tard, Meilhac et Millaud exploitèrent cette situation qui devint le point de départ de Mam’zelle Nitouche, opérette pour laquelle Hervé composa l’une de ses meilleures partitions.

Mam'zelle Nitouche

Fernandel, Eliane Thibault (disque Decca)

Pour sa première série, l’ouvrage fut joué pendant 212 représentations. Anna Judic récolta un énorme succès dans le rôle de Denise. On ne pouvait lui reprocher qu’une corpulence qui ne correspondait pas très bien à son personnage. La composition de Baron dans Célestin-Floridor fut parfaite. Cooper fut Champlâtreux avec élégance et charme, Rosine Maurel une Supérieure pleine d’humour, et Léonce un troupier plus vrai que nature.

Pendant longtemps Mam’zelle Nitouche a été l’opérette la plus représentée d’Hervé et même, après la Libération, pratiquement la seule. Dans la capitale, entre sa création et 1965, le  » Bruyas  » dénombre plus de 20 reprises et il passe sans doute sous silence toutes les représentations qui ont été données dans les théâtres de quartier.

Et pourtant, cet ouvrage est à l’opposé du style musical qui a fait la gloire d’Hervé de son vivant et qui représente la partie la plus intéressante de son œuvre. Notre compositeur débute sous le Second Empire avec des pochades burlesques dont il est souvent l’auteur du livret et l’interprète principal. Mam'zelle NitoucheAprès 1860, il compose des grandes partitions burlesques et parodiques telles que L’œil crevé (V’lan dans l’œil), Le petit Faust ou Chilpéric. Ces ouvrages ont un succès fou.

Après 1870 l’opérette s’assagit avec l’arrivée de musiciens comme Lecocq. Hervé, tout comme Offenbach, s’adapte aux nouvelles exigences du public. Après 1880 notamment, la mode est aux vaudevilles opérettes ou vaudevilles militaires. Mam’zelle Nitouche tient un peu de ces deux catégories.

Aujourd’hui, Mam’zelle Nitouche est rarement à l’affiche des scènes françaises. Par contre on assiste à quelques timides essais de réhabilitation des grandes opérettes  » Second Empire  » d’Hervé (L’œil crevé par la Péniche Opéra, Le Petit Faust).

L’ARGUMENT :


Acte I : Le couvent des Hirondelles

Célestin, l’organiste du couvent a une double personnalité. Dans la journée, c’est un homme pieux et réservé qui remplit à la satisfaction générale ses fonctions dans ce lieu saint. Le soir, sous le pseudonyme de Floridor, il se rend au théâtre de Pontarcy, où l’on répète activement l’opérette dont il vient de composer la musique.
Ce matin-là, Célestin est rentré au couvent tout meurtri. Le major de Château-Gibus, qui par ailleurs est le frère de Madame la Supérieure, l’a surpris aux genoux de leur maîtresse commune, Corinne, l’interprète principale de l’opérette ; et le major lui a allongé son pied dans le bas du dos. Le major vient rendre visite à sa sœur pour lui annoncer le projet de mariage entre le vicomte de Champlâtreux, l’un de ses officiers et Denise de Flavigny, la plus réservée des pensionnaires du couvent. La Supérieure accepte que le vicomte ait un entretien avec sa future à condition qu’il ne la voit pas.

Après la leçon de musique, Denise obtient l’autorisation de rester un peu plus avec Célestin pour travailler. La Supérieure rend grâce à tant d’assiduité, de réserve, de piété… En réalité Denise a surpris le secret de Célestin. Elle lui a subtilisé la partition et a appris l’opérette par cœur. Elle sait tous les rôles. Elle n’ignore pas que la première représentation a lieu le soir même. Elle aimerait bien se rendre au théâtre. Célestin est confondu par cette petite Sainte-Nitouche.

L’entretien entre Fernand et Denise a lieu peu après. Les deux jeunes gens sont séparés par un paravent, et le vicomte se fait passer pour un vieil inspecteur. Avant de partir, Fernand remet une lettre à la Supérieure qui demande le retour immédiat de Denise à Paris en vue de son mariage. Sans faire connaître à la jeune fille la raison de son départ, la Supérieure lui annonce que sa famille la réclame. Elle partira le jour même accompagnée de Célestin. Cela ne fait pas l’affaire du compositeur qui comptait bien assister à la première de son opérette. Denise trouve la solution. Elle attendra sagement à l’hôtel pendant qu’il sera au théâtre ; ils prendront le train suivant pour Paris.

Acte II : Le foyer du théâtre de Pontarcy

Le 1° acte a été un triomphe. Pendant l’entracte, les officiers de la garnison papillonnent autour des artistes. Denise s’est enfuie de l’hôtel et cherche Floridor dans les coulisses du théâtre. Elle fait la connaissance de Fernand qui lui fait visiter les lieux. Elle lui avoue connaître toute la partition et lui laisse croire qu’elle est une artiste du nom de Nitouche. Corinne, la titulaire du rôle principal, apprend que Floridor a été vu en ville avec une femme. Furieuse, elle refuse de se produire au 2° acte. C’est Denise, présentée par Fernand, qui sauvera la situation. À l’insu de Floridor, parti à la recherche de sa vedette, elle chantera le rôle et recevra un accueil triomphal.
C’est seulement à la fin de la représentation que Célestin découvrira la vérité. Affolé, dépassé par les événements, serré de près par le major qui veut toujours lui administrer une correction, l’organiste entraîne Denise. Ils se sauvent tous les deux par une fenêtre du théâtre.

Acte III : 1° tableau : la caserne

En s’enfuyant, Floridor et Denise ont été interceptés par une patrouille et conduits à la caserne. Ils sont reconnus par les officiers. Ils se joignent à la petite fête que ceux-ci donnent en l’honneur de Champlâtreux qui se rend à Paris pour se marier. Fernand, qui est tombé amoureux de Nitouche, a décidé de renoncer à son mariage. De son côté Denise aime le vicomte. Ils n’ont pas le temps de s’avouer leur amour réciproque, car le major arrive furieux, et interrompt la fête.
Il prend Célestin pour un réserviste et lui fait tondre la chevelure. Nitouche, qui s’était cachée dans le magasin, revient habillée en dragon. Le major, un instant dupe, se doute bientôt qu’il s’agit d’une femme. Voulant vérifier d’un peu plus près, il reçoit une gifle bien appliquée. Profitant de la confusion, Célestin et Denise s’échappent et rentrent au couvent en franchissant le mur d’enceinte.

2° tableau : le couvent

Pour justifier leur retour, Denise affirme, qu’en interrogeant habilement Célestin, elle a appris qu’on voulait la marier. Préférant prendre le voile, elle a supplié l’organiste qui a bien voulu la ramener au couvent. La Supérieure ne peut contrarier une vocation aussi sincère. Elle écrira aux parents de Denise. Mais voici le major. Il vient prévenir sa sœur que Champlâtreux renonce à se marier pour rechercher une jeune artiste nommée Nitouche dont il est tombé amoureux. Denise, comprenant que Fernand est le jeune homme qu’on lui destinait, demande l’autorisation de lui parler – derrière le paravent s’entend -, afin de tenter de le convertir.

Elle le convertit si bien que quelques instants plus tard, ils sont dans les bras l’un de l’autre. C’est par dévouement que j’épouse le vicomte, affirme Denise à la Supérieure toujours en admiration devant cette perle. Le major est moins naïf. Il a bien reconnu les deux fugitifs. Il pardonne facilement à Mam’zelle Nitouche, mais aussi à Célestin, car Corinne l’a convaincu qu’il n’y avait rien entre Floridor et elle.

LA PARTITION :


 Ouverture
Acte I : Couplets de Célestin et Floridor « Pour le théâtre Floridor » (Célestin) ; Chœur des pensionnaires « En sortant de Matines » et couplets mystiques « Sous les vieux arceaux gothiques » (Denise) ; Duo du soldat de plomb « Le grenadier était bel homme » (Denise, Célestin) ; Couplets de l’Inspecteur « Pardonnez-moi, Mademoiselle » (Champlâtreux) ; Rondeau des talents d’agréments « Ce n’est pas une sinécure » et Alléluia « Mon coeur s’ouvre à l’aube » (Denise) ;  Final I : Choeur « Eh ! quoi Denise, notre orgueil  » et couplets du départ « Ah ! mes soeurs, que cela m’afflige (Denise).

Acte II : Entr’acte-Alleluia ; Chœur à la cantonade « Buvons, rions, chantons » ; Couplets du mariage de raison « Mon Dieu, je sais qu’aux yeux du monde » (Champlâtreux) ; Rondeau de l’Escapade « La voiture attendait en bas » (Denise) ; Chanson de Babet et Cadet « A minuit après la fête » (Denise) ; Musique de scène servant de final.

Acte III : Premier tableau
Entr’acte-Polka ; Couplets du brigadier  » Je suis de Saint-Etienne (Loriot) ; Couplets et Ensemble « Floridor, vous avez raison » (Floridor, Denise, officiers) ; Chant des Fanfares  « Au gai soleil, allons, belle endormie » (Denise, les officiers) ; Légende de la grosse-caisse « Le long de la rue Lafayette » (Denise) ; Finale.
Deuxième tableau
Marche-Entr’acte ; Musique de scène ; Couplets « Est-il possible ? » (Denise) ; Invocation à Sainte Nitouche « Je te plains, ma pauvre Denise » (Denise) ; Duettino « Quand vous êtes venu » (Denise-Champlâtreux) ; Couplet final « Allons, voyons, mam’ zell’ Nitouche » (le major, tous).

FICHE TECHNIQUE :


Mam’zelle Nitouche

Opérette en 3 actes et 4 tableaux de Henri Meilhac et Albert Millaud, musique d’Hervé. Création à Paris, théâtre des Variétés, le 26 janvier 1883. Avec :
Anna Judic (Mam’zelle Nitouche), Baron (Célestin-Floridor), Cooper (Champlâtreux), Rosine Maurel (la Supérieure), Léonce (Loriot)

Editions Heugel

DISCOGRAPHIE :


Intégrale

Eliane Thibault, Line May, Gabrielle Ristori, Catherine Maisse, Fernandel, Aimé Doniat, Henri Bédex, Christian Asse, René Lenoty. Direction musicale, André Grassi
Universal Accord 4769999 (2 CD) & Decca SKL 30200/201 (2 V) 

Sélections

de l’intégrale (Eliane Thibault, Fernandel)
Decca 99 024 (1 V)

Germaine Roger, Duvaleix, Joseph Peyron, Claude Devos. Direction musicale, Marcel Cariven
EMI C 057 10844

Germaine Roger, Duvaleix, Joseph Peyron, Claude Devos. Orch. Marcel Cariven
Sélection du Reader’s Digest CD 3159.12 (réédition 33t  EMI) (3 CD) (+  Une Education Manquée +  Les P’tites Michu + L’Ile de Tulipatan + divers)

Intégrale vidéo

Airs de France : Françoise Dorin, Claudine Coster, Christian Asse, Dominique Tirmont, Luc Barney, Jacques Beauvais, Annie Dumas, Jean Le Corre ; dir. Georges Dervaux.
1959  INA VIDEO Mlle Nitouche

© Académie Nationale de l’Opérette août 2016