Bacquier Gabriel

bacquier

.

GABRIEL BACQUIER

BARYTON

I. BIOGRAPHIE

Articles associés

REVUES ASSOCIEES

Revue n°57
Revue n°78
Revue n°85
Revue n°133

BIOGRAPHIE :


« Son talent est fait de dons certes, mais aussi de travail, de patience et d’interprétation », tel est le jugement porté sur Gabriel Bacquier par Dominique Blaise dans « Musica » (1961) qui cite en outre la célèbre basse André Pernet (1894-1966), évoquant son cadet : « Au hasard d’émissions, je vous ai entendu chanter l’air du champagne de Don Juan… Votre interprétation était remarquable tant par la qualité de la voix que par le style ». Dernière citation de Dominique Blaise, sur l’homme, cette fois : Gabriel Bacquier est un « charmant camarade, toujours drôle, expansif comme tout méridional qui se respecte… »

De fait, Gabriel Bacquier est né à Béziers en 1924 d’un père cheminot, amateur de rugby et de bel canto comme le veut la tradition en ces terres ensoleillées. Il aurait aimé se diriger vers l’école des Beaux-Arts de Montpellier, mais la guerre étant là, il préfère entrer à la SNCF pour échapper au S. T. O.

Les distractions se font rares et le jeune Gabriel chante dans les soirées d’amateurs. Un professeur de chant, Madame Bastard, le remarque et convainc ses parents de l’envoyer au Conservatoire de Paris. Il en sort cinq ans plus tard avec ses prix de chant, d’opéra et d’opéra-comique. Il lui faut alors trouver des engagements. Ce seront des années difficiles, au cours desquelles il apprendra son métier avec le célèbre baryton José Beckmans qui l’engage deux ans dans la troupe qu’il vient de former, puis sur « le tas » les années suivantes au hasard des engagements ou en troupe.

Ainsi, il écume les villes du Nord où il chante tout le répertoire d’opérette classique. Les interprètes répétaient comme ils pouvaient la semaine à Paris dans une salle de brasserie. À cette époque, Gabriel Bacquier faisait également du cabaret (« Chez ma cousine ») et il chantait dans les cinémas de quartier ou des grands boulevards…

Engagé à la Monnaie de Bruxelles de 1953 à 1956, après avoir auditionné dans Zurga des Pêcheurs de Perles, il interprète tout le répertoire, des Cloches de Corneville à Rigoletto.

Mais son objectif était de chanter à l’Opéra de Paris. Un jour, Martha Angelici, en représentation à la Monnaie, parle de lui à son mari, M. Agostini, directeur de l’Opéra-Comique. Après audition, il est engagé pour trois ans et débute dans Madame Butterfly. Puis il chante La Bohème, Werther, Les Pêcheurs de Perles, Ciboulette, Le Barbier de Séville, Tosca en français, avec Jane Rhodes, Carmen, Manon, ouvrages qui étaient alors du répertoire de la salle Favart.

Les portes de l’Opéra lui sont entrouvertes en 1958 où il est appelé à chanter au pied levé Rigoletto, pour remplacer le titulaire défaillant. Tout s’enchaîne ensuite. Apprécié pour son élégance scénique, son intelligence des rôles, et ses qualités vocales, il est enfin engagé à l’Opéra et l’on fait appel à lui pour maintes reprises et créations.

Il est resté 7 ans dans ces deux maisons.

Sa carrière internationale débute en 1960. Il est le premier Don Juan français au Festival d’Aix-en-Provence, et chante bientôt ce rôle à Vienne. Gabriel Bacquier crée, à la Scala de Milan, Pour un Don Quichotte de J.P. Rivière… Il est invité sur les principales scènes du monde entier… Pendant 18 ans, il chantera régulièrement au Metropolitain Opéra de New York : Manon, Samson et Dalila puis Tosca, Les noces de Figaro.

Il aborde le rôle de Falstaff à Aix en 1971. Après avoir interprété longtemps le Don Juan du chef d’œuvre de Mozart, il chante Leporello, du même ouvrage, rôle bien plus passionnant pour un artiste lyrique.

Et sa carrière internationale se poursuit. L’intense activité qu’il déploie ne lui interdit pas de donner régulièrement des récitals de mélodies : Gounod, Duparc, Fauré, Debussy, Ravel ou Poulenc, et encore plus lorsqu’ils servent Musset, Lahor, Gautier, Verlaine, Hugo, Marot ou Apollinaire.

Les années 80 venues, Gabriel Bacquier retrouve, du moins en partie, le répertoire d’opérette mais en interprétant désormais les rôles de composition. Il y prend un plaisir extrême et, excellent comédien, il incarne des personnages bouffes sans forcer les effets. Au diable les traditions : uniquement du comique de situation. Du grand art….On a pu ainsi l’applaudir dans L’Etoile (Siroco), La Périchole (le vice-roi), La Vie Parisienne (le baron), Les Mousquetaires au couvent(l’abbé Bridaine)…

Gabriel Bacquier s’est également exprimé par le disque aussi bien en opéra et qu’en opérette. Rappelons en opérette les intégrales ou sélections Decca, reprises par Universal en CD : Les Mousquetaires au couvent, La Fille de Madame Angot, Valses de Vienne, Le Comte de Luxembourg

Malgré l’activité débordante déployée au service du lyrique, Gabriel Bacquier a pris le temps de faire profiter les chanteurs en herbe de ses connaissances en les faisant travailler dans les conservatoires ou à l’occasion de masters classes.

« J’enseigne, c’est le moyen d’être avec les jeunes et de rester jeune », se plait-il à affirmer.