No, No, Nanette

No, No, Nanette

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No, No, Nanette

Vincent Youmans
1895 – 1938

I. L’ARGUMENT
II. LA PARTITION
III. FICHE TECHNIQUE
IV. DISCOGRAPHIE
V. RÉFÉRENCES

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No, No, Nanette :


Vincent Youmans n’avait pas 30 ans lorsqu’il composa la partition de No, no, Nanette. La première mondiale eut lieu à Détroit (Michigan), le 20 avril 1924. Après une semaine triomphale dans cette ville et une autre à Cincinnati, Nanette s’installe au théâtre Harris de Chicago le 4 mai 1924 et ce, pour 49 semaines. Après un succès encore plus important à Philadelphie, l’ouvrage traverse l’Atlantique et débute à Londres, au Palace Theater, dans une production anglaise, le 11 mars 1925, qui bat tous les records de l’époque avec 665 représentations. Aux Etats-Unis, Nanette est jouée tout l’été 1925 à Boston avant d’obtenir la consécration au Globe Theater de Broadway le 16 septembre 1925, avec 321 représentations.
« Tea for two » devient un succès mondial et est interprété par les plus grands chanteurs du moment et les musiciens de jazz.

En France, les frères Isola, anciens directeurs de l’Opéra-Comique, venaient de se rendre acquéreurs du théâtre Mogador, qu’ils destinaient aux opérettes se prêtant à une grande mise en scène. Mais André Messager (qui avait peut-être encore en mémoire le demi-échec de La petite fonctionnaire en 1921 sur cette scène) et Maurice Yvain, un peu effrayé par le cadre, déclinent les propositions des directeurs. Ceux-ci partent pour l’étranger : après l’Italie, ils se rendent à Vienne puis à Berlin, pour terminer leur périple à Londres où, enfin, ils découvrent non pas une mais deux pièces à leur goût : No, no, Nanette et Rose-Marie. Enthousiasmés, les deux directeurs acquièrent les droits de représentation en France de ces deux ouvrages.

No, no, Nanette est présentée à Mogador le 29 avril 1926. Avec cet ouvrage, l’opérette se rapproche du music-hall. L’histoire sert de support à un spectacle mené tambour battant avec ses entrées et sorties de boys et de girls à tout bout de champ, avec sa musique agréable, aux rythmes anglo-saxons. Ce changement de style dans l’opérette se confirmera et se développera avec Rose-Marie qui annonce les opérette à grand spectacle des décennies suivantes.

La troupe était jeune et pleine d’entrain. Bonne chanteuse et danseuse, Loulou Hégoburu fit un triomphe dans Nanette, tandis que Gabrielle Ristori était Lucie avec le talent qu’on lui connaît. Félix Oudard (Jimmy), Cariel (Billy) et Adrien Lamy (Tom) tenaient les principaux rôles masculins. Ils étaient entourés d’une quarantaine de boys et girls. Le chef d’orchestre de Mogador, Gabriel Diot, était allé à Londres étudier la manière de diriger de son homologue M. Mackey : gants blancs, lunettes cerclées de noir, sans baguette et avec une grosse fleur à la boutonnière ! Pour ne rien laisser au hasard, on fit venir Mackey à Mogador où il conduisit l’orchestre pendant un mois.

No, no, Nanette se joua une année entière ; en plein succès, elle cède la place à Rose-Marie, que les directeurs s’étaient engagés à monter dans un délai impératif.
Dans la capitale, la réussite de Rose-Marie a été plus nette que celle de No, no, Nanette : plus de reprises et un succès nettement plus probant. Des quatre reprises répertoriées de Nanette à Mogador (1930, 1935, 1946 et 1965), seule la troisième, interprétée par Claudine Céréda et Eddy Cristal, tint l’affiche une année entière.

Une nouvelle production a vu le jour en province. Cette version plus  » jazz  » semble avoir donné une nouvelle jeunesse à l’ouvrage qui, désormais, semble supplanter Rose-Marie.

L’ARGUMENT :


L’action se passe en 1925

Acte I : Dans la maison de Jimmy Smith

Jimmy Smith voudrait voir tout le monde heureux autour de lui. Il adore sa femme Suzanne qu’il souhaiterait plus coquette et élégante, mais celle-ci n’éprouve aucun intérêt pour le luxe. Nanette, jeune orpheline de 16 printemps vit chez les Smith, ses parents adoptifs. Leurs amis, Billy Early, avocat sans cause et sa femme Lucile, qui dépense sans compter les deniers que son époux ne possède pas, profitent sans vergogne de la fortune de leur ami.

Au cours de ses voyages, Jim s’est lié avec trois jeunes femmes qui ne se connaissent pas entre-elles et à qui il a omis de dire qu’il était marié. Nanette a un amoureux en titre, le jeune Tom. Il déclare une nouvelle fois sa flamme à Nanette ; la jeune fille le trouve charmant, mais elle lui reproche sa morale trop sévère. D’ailleurs, elle ne dédaignerait pas un mari comme Jim, qui pourrait lui offrir tout ce qu’elle désire. Justement le brave Jim lui propose de l’emmener à la mer. Nanette est folle de joie.
Cependant Jim a des soucis. Ses trois protégées voudraient l’épouser. Cette situation le conduit à recourir aux bons offices de son ami Billy. Tout pourrait donc s’arranger, si les deux épouses, intriguées par les allures embarrassées de leurs maris, ne se doutaient pas de quelque chose. Elle trouve un allié en la personne de Tom.

Acte II : La villa de Jimmy à Paris-Plage

Nanette est heureuse, elle est à la mer ! Jimmy est heureux : il a fui les embarras et il fait le bonheur de Nanette. Mais c’est le calme qui précède la tempête. L’escapade de Jim et de Nanette scandalise Tom qui doute de la vertu de sa bien-aimée. Un télégramme de Billy annonce la venue à la villa de Winnie, Flora et Simone, les trois  » subventionnées  » dont il a été question et, bien entendu, les épouses, vont bientôt arriver à Paris-Plage.
Nous frôlons la catastrophe. Mais les trois  » amies  » se rendant compte de la situation et craignant perdre un dédommagement qu’elles estiment mériter accusent Billy d’être leur amant. Lucile décide de quitter son mari.

Acte III : Le hall de la villa de Jimmy à Paris-Plage

Tout va finir par s’expliquer. Lucile apprend bientôt la vérité et se charge de mettre Suzanne au courant. Ayant reçu un chèque confortable, les trois  » amies  » assurent à Suzanne que Jim n’aime qu’elle et lui conseillent de devenir coquette et dépensière. Conseil que la jeune femme s’empresse de suivre… Billy et Lucile se réconcilient, le chèque de Jim remis à Billy pour sa transaction finalement heureuse y contribuant pour une part. Tom ne doute plus de la vertu de Nanette : il l’épousera au printemps prochain.

De nouvelles productions sont apparues depuis la création, dont celle, plus  » jazz « , créée à Boston le 3 novembre 1970 avant Broadway (1971). La version française de cette dernière, due à Robert Deniau et Tony Banyai, lyrics de Franck Gerald, mise en scène par Jean-Claude Calon, a été donnée en 1983 sur plusieurs scènes de France et de Belgique. Une nouvelle production fastueuse de cette version 1970, présentée en association entre plusieurs théâtres dont le  » leader  » était l’Opéra de Toulon, a parcouru l’Hexagone à partir de 1983. La mise en scène était due à Michel Dunand, la distribution réunissant les noms de Carole Clin, Christine Delaroche, Anne-Marie Lyonnaz, Roger Pierre, Philippe Fargues et Claude Deschamps.

LA PARTITION :


Version 1924

Acte I : Ouverture ; « L’appel à la mer » (Billy, girls, boys) ; « On tourne trop autour de Rose » (Lucile, girls, boys) ; « J’ai confessé à la brise » (Nanette, Tom) ; « Pour être heureux » (Jim, Nanette, girls, boys) ; « No, no, Nanette » (Nanette, girls) ; « Five step » (danse) ; Final I

Acte II : Intermezzo ; « L’appel à la mer » (Nanette, girls, boys) ; « Battez-vous pour moi » (Jimmy, Winnie, Simone, girls) ; Duo et danse « Thé pour deux » (Nanette, Tom, Jimmy, Billy) ; « Tu peux danser avec toutes les femmes » (Lucile, Billy, girls, boys) ; Reprise « Pour être heureux » (Jimmy et Billy ; Flora, Winnie et Simone) ; Final II

Acte III : Ouverture ; « Allo, allo, mesdemoiselles » (Billy ; girls, boys ; Winnie, Simone ; dansé par Winnie) ; « Pourquoi suis-je triste quand tu pars » (Lucile, boys) ; « Vous marquez bien un temps » (Billy, Nanette, le danseur) ; Final III

Version 1971 (principaux airs)

Acte I : Chœur d’entrée ; Billy et chœurs « Quand l’été » ; « Le papillon sur la rose » (Lucile et les boys) ; « Je crois vous voir » (Nanette et Tom) ; « On est heureux » (Nanette et Jim) ; « Non, non, Nanette » (Nanette et chœurs d’hommes) ;Final I

Acte II : Chœur d’entrée ; « Ces ardentes bacchantes » (Jim, Maguy, Winnie) ; « Le thé pour deux en amoureux » (Tom, Nanette, chœur) ; Billy et Lucile « Si tu veux danser » ; Final II

Acte III : Chœur d’entrée ; « Toi et moi, moi et toi (Lucile et boys) » ; Final III

FICHE TECHNIQUE :


No, no, Nanette

Opérette en 3 actes de Otto Harbach, Frank Mandel et Irving Caesar. Musique de Vincent Youmans. Adaptation française de Roger Ferréol et Robert de Simone ; lyrics de Paul Colline et Georges Merry. Création mondiale : Boston, Le 20 avril 1924. Création en français : Paris, théâtre Mogador, le 29 avril 1926. Avec :
Loulou Hégoburu (Nanette), Gabrielle Ristori (Lucile), Fernande Albany (Suzanne), Jane Fusier (Pauline), Rachel Dubas, Félix Oudart (Jimmy), Cariel (Billy), Adrien Lamy (Tom). Direction musicale, Gabriel Diot.

Editions Salabert

DISCOGRAPHIE :


Sélections

Paulette Merval, Rolande Riffaud, Marcel Merkès, Jacky Piervil. Direction musicale, Armand Migiani
CBS 62 638 (enregistré à l’occasion de la reprise à Mogador en 1965), repris en CD (avec les Cloches de Corneville) coffret Sony Music de 10 CD consacré à M. Merkès et P. Merval

Liliane Berton, Lina Dachary, Duvaleix, Guy Fontagnère. Direction musicale, Paul Bonneau
EMI C 057 10 845 (1 face vinyle) (au verso « Rose-Marie »)

© Académie Nationale de l’Opérette août 2016