Clément Willy

willy clément

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WILLY CLEMENT

1918-2065
BARYTON-MARTIN

I. BIOGRAPHIE

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BIOGRAPHIE :


Willy Clément fut un des plus brillants barytons de l’après-guerre jusqu’à sa disparition prématurée en 1965. Timbre de velours, voix pleine de tendresse, aussi riche et nuancée dans le grave que dans l’aigu et charme de l’interprétation sont les traits qui le caractérisent et lui permirent d’exceller dans les répertoires d’opéra, d’opéra-comique et d’opérette. « Tout en lui est séduction » écrivait le critique de « La Marseillaise ».

Né sujet britannique au Caire le 19 juillet 1918, Willy Clément vint très jeune en France. Etudes à Paris, préparation à l’Ecole Centrale, mais aussi activités artistiques (violon, peinture et dessin). Il se tourne vers le chant et entre au Conservatoire de Paris en novembre 1938 : classes de Claire Croiza (chant), Georges Viseur (solfège) et Vanni-Marcoux (déclamation lyrique ). Il termine ses études au Conservatoire de Lyon ( classes de Mme Claessens et de Roger Lalande) obtenant en juillet 1941 deux 1ers prix à l’unanimité (chant et déclamation lyrique).

Après une saison dans la troupe du Théâtre des Quatre Saisons provinciales de Maurice Jacquemont, il est engagé à l’Opéra de Lyon comme second baryton pour les saisons 1942-43 et 1943-44. Il débute dans le petit rôle de Martin duChemineau de Xavier Leroux et sera affiché dans le répertoire d’opéra et d’opéra-comique : Werther, Faust, Madame Butterfly, La Bohème, Le Barbier de Séville.

C’est le compositeur Louis Beydts qui lui permet d’intégrer le service lyrique de la radio, alors sous la direction de Jules Gressier. Willy Clément est engagé le 19 juillet 1944 et débute dans le rôle de Pippo de La Mascotte. Durant toute sa carrière il y chantera de très nombreux ouvrages, surtout des opérettes et deviendra un des « piliers » de la troupe lyrique.

Engagé à l’Opéra-Comique, il y fait ses débuts le 1er avril 1945 dans Figaro du Barbier de Séville, qui restera un de ses plus grands rôles et dans lequel il fait preuve de brio.

Autres rôles chantés à l’Opéra-Comique : Pelléas ( Pelléas et Mélisande), Marcel ( La Bohème), Frédéric (Lakmé), Ange Pitou ( La Fille de Madame Angot), Beaucaire ( Monsieur Beaucaire) et Henri de Valois (Le Roi malgré lui)

A la Gaîté-Lyrique : Joquelet ( Le Grand Mogol) en 1949.

La plus grande partie de sa carrière, si l’on excepte la radio, se déroule sur les scènes de la province française et des pays francophones (Suisse, Belgique, Monaco, Luxembourg et Afrique du Nord) ; il y met son grand talent au service de l’opéra (La Traviata,, Roméo et Juliette, La Flûte enchantée…), de l’opéra-comique (Mârouf, Les Pêcheurs de perles, Manon, Le Jongleur de Notre-Dame…) et surtout de l’opérette (Les Cloches de Corneville, Ciboulette, Rose-Marie, Pour Don Carlos, Paganini, La Veuve Joyeuse, Princesse Czardas, etc.)

La télévision fera appel à lui pour des émissions lyriques, telle cette Chauve-Souris de Janvier 1965 qui sera sa dernière apparition sur le petit écran, et il sera le partenaire de Fanély Revoil dans les évocations d’opérettes que celle-ci donnera en France et à l’étranger.

Willy Clément prêta son concours à de nombreuses créations : Le Gardien du feu ( Louis Maingueneau ), Le Domino Lilas (Charles Cuvillier ), Roxelane (Henri Busser), Le Viol de Lucrèce ( Benjamin Britten ), Les Favorites ( Auber/Charles Cuvillier ), L’Amour des trois oranges ( Prokofiev ), Cadet-Roussel ( Claude Arrieu), Mariages d’amour ( Joe Hajos), Le Jeu de l’amour et du hasard (Henri Rabaud ), Casanova ( Wal-Berg ), Tcherko ( Marteclin ), L’Opéra de poussière ( Marcel Landowski ).

Les fêtes de fin d’année 1964 le voit incarner un superbe Danilo (La Veuve Joyeuse) au Théâtre Royal de Liège. Il y chante encore Comtesse Maritza, Ciboulette, Mârouf, Victoria et son hussard et Princesse Czardas en février 1965. Malade, il rentre à Paris où il s’éteint le 7 mars, à l’âge de 46 ans, frappé par une leucémie foudroyante, laissant le souvenir d’un magnifique artiste.