Route Fleurie (la)

Opérette La Route Fleurie

La Route Fleurie

Par Francis Lopez (1916-1995)

En bref :

Opérette en 2 actes et 12 tableaux de Raymond Vincy.
Création :
– Mondiale : Lyon, Théâtre des Célestins, le 9 décembre 1952
– Paris : Théâtre de l’ABC, le 19 décembre 1952
Musique : Francis Lopez
Orchestration : Jacques-Henri Rys
Mise en scène : Max Revol
Danses : Rykoff
Décors : Pellegry, Deshays

La Route Fleurie :


Claude Arvelle, Bourvil, Annie Cordy dans l'Opérette La Route Fleurie

Claude Arvelle, Bourvil, Annie Cordy

En 1952, l’opérette était reine à Paris. Luis Mariano, puis Rudy Hirigoyen, triomphait dans Le chanteur de Mexico au Châtelet. Marcel Merkès, après le succès de Violettes Impériales se préparait à faire sa rentrée à Mogador dans Les Amants de Venise. Michel Dens chantait Le pays du sourire ou Les mousquetaires au couvent à la Gaîté-Lyrique.

Georges Guétary revenait des Etats-Unis où il avait tourné Un américain à Paris. Pour sa rentrée, Francis Lopez et Raymond Vincy préparaient pour lui La route fleurie. Influencé par la comédie musicale américaine, où le comique et le chanteur de charme se partageaient la vedette, Guétary, si l’on en croit son livre de souvenirs, suggéra qu’on lui donne comme partenaire un fantaisiste de poids avec lequel il puisse former un tandem comparable au tandem Bing Crosby et Bob Hope outre-atlantique. Francis Lopez, dans  » Flamenco « , prétend que c’est lui qui a eu cette idée. Quelle importance ? D’autant que l’un et l’autre n’ont rien inventé, si l’on veut bien se souvenir du tandem André Baugé-Bach au Châtelet avant la guerre.

Qui choisir ? Bourvil peut-être ? Le comique normand cherchait un second souffle : il venait de terminer une tournée fort peu brillante. Il ne fit pas l’unanimité, mais on finit tant bien que mal par l’accepter. Pour compléter la distribution, la jolie Claude Arvelle, et une fantaisiste belge débutante, Annie Cordy, furent choisies. Les répétitions se déroulèrent dans de bonnes conditions. Les artistes s’entendaient bien. Mais, ils n’étaient guère optimistes sur l’avenir d’un spectacle dont la forme les déroutait peut-être eux-mêmes.

Dès les représentations  » d’essai  » à Lyon, tout le monde compris que la partie étaitRoute fleurie gagnée. Guétary, comme l’on s’en doutait, fut excellent. Bourvil, sur lequel des réserves avaient été exprimées, fut le grand triomphateur d’un spectacle, qui, grâce à sa présence, devait tenir l’affiche quatre années à l’ABC. Annie Cordy se révéla à cette occasion une grande fantaisiste. Elle n’assura pas toute la série de représentations, préférant payer un dédit. Elle fut remplacée par Joan Daniel. Guétary prit aussi quelques  » vacances  » ne serait-ce que pour tourner des films. Le plus assidu fut sans doute Bourvil qui avait d’ailleurs mal négocié son contrat compte tenu de sa baisse de notoriété.

Le succès parisien se prolongea en province. Les protagonistes finirent par abandonner leur rôle. Mais La route fleurie continua son chemin triomphal sur les scènes de province. Rudy Hirigoyen, Micaël Pieri, Alain Merkès, Philippe Fargues reprirent le rôle de Jean-Pierre, Henri Genès, Luc Barney, Darry Cowl, Jacky Piervil, Michel Dunand celui de Raphaël. Éliane Varon, Angelina Cristi, Dany Luck, s’illustrèrent dans les rôles féminins. Longtemps après la création, Georges Guétary repris le rôle de Jean-Pierre sur les scènes province et de Belgique.

En ce début de siècle, La route fleurie est restée au répertoire des théâtres de France.

L’ARGUMENT :


Acte I : À Montmartre. Place du Tertre, Jean-Pierre, compositeur de musique, Raphaël, poète raté et peintre méconnu, Lorette, son modèle favori, sont trois amis insouciants, bohèmes, joyeux, qui mettent en commun leurs ressources, et pour l’instant surtout leur manque de ressources. Ils sont toujours à court d’argent et, sans le chèque mensuel que Jean-Pierre reçoit d’une tante riche, la situation serait désespérée. Un espoir de fortune se dessine toutefois. Un producteur est enthousiasmé par la musique d’une opérette composée par Jean-Pierre. Dès qu’un scénario original lui sera présenté, il versera une confortable avance.

Raphaël, pour sa part, songe surtout à déclarer sa flamme à Lorette. Maladroit et gaffeur, il ne sait pas trop comment s’y prendre. En cette belle matinée de juin, Mimi, jeune mannequin, profite de sa première journée de vacances pour faire un petit pèlerinage dans ce Montmartre où elle a été élevée. Elle retrouve Lorette et Raphaël, ses amis d’enfance, et est présentée à Jean-Pierre. En la voyant, le jeune homme comprend qu’il vient de rencontrer la femme de sa vie. Mimi, de son côté, n’est pas insensible au charme de Jean-Pierre. Mais elle a reçu une demande en mariage de Bonnardel, un producteur de cinéma quinquagénaire. L’aventure ici, la sécurité là-bas. La jeune fille veut laisser passer les vacances avant de prendre une décision.

289_001Jean-Pierre décide Mimi, Lorette et Raphaël à partir en vacances avec lui sur la côte d’Azur. Le chèque de sa tante, qui doit lui parvenir le lendemain, permettra de faire face aux premiers frais. Mais il faut bientôt déchanter. La tante a décidé de couper les vivres à son neveu. Toutefois, elle met à sa disposition, pendant le mois de juillet, sa luxueuse villa d’Antibes. Jean-Pierre se rend chez Bonnardel, qui n’est autre que le fameux producteur. Il ne peut obtenir d’avance, mais réussit à lui louer pour un mois la villa de sa tante, au profit de Rita Florida, la capiteuse maîtresse du producteur. Nos quatre héros peuvent maintenant prendre « la route fleurie », qui les mènera sur les bords de la Méditerranée.

À Antibes, Gustave, le majordome, a eu la même idée que le neveu de sa patronne. Il a loué la villa … au professeur Poupoutzoff. Jean-Pierre et ses amis arrivent à la villa, en principe pour quelques heures seulement. Mais, par suite de la double location, ils sont conduits à rester pour pallier les difficultés éventuelles. Effectivement, Rita et Poupoutzoff arrivent successivement. La jeune femme n’est pas insensible au charme de Jean-Pierre, et le professeur au faciès de Raphaël, en qui il reconnaît le type parfait du dégénéré paranoïaque. Nos héros réussissent à admettre à Rita et Poupoutzoff leur présence réciproque.

Acte II : On apprend bientôt l’arrivée imprévue de Bonnardel. Jusque-là, Mimi, qui n’était pas sûre de ses sentiments pour Jean-Pierre, n’avait pas osé lui dire qu’elle connaissait le producteur. Aujourd’hui, elle sait qu’elle aime le jeune homme. Elle lui avoue la vérité. D’abord jaloux, Jean-Pierre est touché par le désintéressement de Mimi. Sans fortune lui-même, il ne veut pas gâcher la vie de celle qu’il aime. Il lui fait comprendre qu’elle n’est qu’une amourette pour lui ; Mimi se retire furieuse. Le producteur reconnaît son compositeur, Rita apprend l’existence de Mimi. Bref, l’atmosphère est orageuse et Raphaël fait les frais de la mauvaise humeur générale.

Bonnardel, qui dans le fond n’est pas un mauvais bougre, demande à Jean-Pierre de s’expliquer. Le jeune homme lui raconte leurs aventures. Bonnardel est enthousiasmé : leur histoire fera un excellent scénario. Il l’achète immédiatement. Mimi, Lorette et Rita seront les vedettes du film La route fleurie, qui en sera tiré. Et cette histoire se terminera par un triple mariage : Jean-Pierre et Mimi, Raphaël et Lorette, Bonnardel et Rita.

LA PARTITION :


Acte I : Chœur d’entrée « Petit  village dans la ville » ; « On est poète, ou on l’est pas » (Raphaël) ; « Subitiste » (Mimi) ; « La route fleurie » (Jean-Pierre) ; « Place du Tertre » (Jean-Pierre) ; « Une dînette » (Jean-Pierre) ; Duo  « La vie de Bohème » (Jean-Pierre, Raphaël) ; « Les grands magasins » (Mimi) ; « Jolie meunière » (Jean-Pierre) ; « Moi, j’aime les hommes » (Lorette) ; « Vacances » (Jean-Pierre) ; « Les haricots » (Raphaël) – Final I

Acte II : Chœur des domestiques ; « A Madagascar » (Raphaël) ; « La belle de l’Ohio » (Florida) : « Mimi » (Jean-Pierre) ;  « Da ga da Tsoin Tsoin » (Lorette, Raphaël) ; Farandole ; « Il a suffi » (air ajouté par la suite) (Jean-Pierre) ; « Je l’aime et puis c’est tout » (Mimi) ; « Pas d’chance » (Raphaël) ; Final II

FICHE TECHNIQUE :


La Route Fleurie

Opérette en 2 actes et 12 tableaux de Raymond Vincy, musique de Francis Lopez, orchestration de Jacques-Henri Rys ; mise en scène de Max Revol ; danses réglées par Rykoff ; décors de Pellegry et Deshays. Création mondiale à Lyon, théâtre des Célestins, le 9 décembre 1952 ; Création à Paris : théâtre de l’ABC, le 19 décembre 1952. Avec :
Claude Arvelle (Mimi), Annie Cordy (Lorette), Annie Dumas (Rita), Suzy Leroy (la concierge), Georges Guétary (Jean-Pierre), Bourvil (Raphaël), O’Brady (Poupoutzoff), Hennery (Gustave), Jean-Louis Allibert (Bonnardel). Direction musicale, René Mercier.

Editions Chappell

DISCOGRAPHIE :


Sélections

Annie Cordy, Georges Guétary, Bourvil. Orch. Jacques-Henri Rys
EMI C 057 10 532 (1 V) & Soldorre SOL 605 (1 CD) & Marianne Mélodie 041641 (1 CD)

Martine Noël, Marion Game, Katia Tchenko, José Villamor, Jacky Piervil. Orch. Charly Oleg
Vogue 50 86 38(1 V)

Angelina Cristi, Rudy Hirigoyen, Henri Genès. Orch. Christian Lalune
Delta Music (1CD) & TLP 9 1010. (1 V)

Alain Merkès, Jean-Pierre Bruno, Claudine Granger, Nadine Capri, Carole Clin. Orch. Christian Lalune
TLP Records C-35107 (1 CD)

Rudy Hirigoyen ; Orchestre, Armand Migiani
45T CBS EP 5677

Rudy Hirigoyen, Angelina Cristi, Jacky Piervil, Orchestre Paul Bonneau
45T Variance VR 45561

Georges Guétary. Orch.? (5 airs)
Pathé AT 1017 (1 V, 25 cm)( 1 face) (Au verso,
Plume au vent

© Académie Nationale de l’Opérette août 2016


Affiche : La Route Fleurie