Sire de Vergy (Le)

Illustration de la comédie musicale Le Sire de Vergy

Le Sire de Vergy

Par Claude Terrasse (1867-1923)

En bref :

Opéra bouffe en 3 actes de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet.
Création : Paris, Théâtre des Variétés, le 16 avril 1903
Musique : Claude Terrasse

Le Sire de Vergy :


Compositeur de véritables opéras bouffes, Claude Terrasse est considéré comme le successeur d’Offenbach. De même que son modèle, il a su avec talent parodier une époque, ses mœurs, sans oublier les indispensables anachronismes. De son œuvre, trois grands titres se détachent : Les Travaux d’Hercule (1901), Le Sire de Vergy (1903) et Monsieur de La Palisse (1904).

Photo de Guy, Anna Tariol-Baugé, Albert Brasseur
Guy, Anna Tariol-Baugé, Albert Brasseur (1903)

Le Sire de Vergy a été créé au théâtre des Variétés le 16 Avril 1903. Le livret, ingénieux et bouffon, sert l’une des meilleures partitions de Claude Terrasse. La distribution de la création était remarquable : Albert Brasseur (grand-père de Claude) était Coucy. Le corpulent Guy interprétait Vergy ; au bout de 60 représentations, il céda la place à Max Dearly. Le comique Claudius jouait Millepertuis, tandis que les deux captifs avaient au départ les visages de Prince et Max Dearly. Du côté féminin, on n’était pas en reste. Anna Tariol-Baugé (mère d’André) était Gabrielle et Jeanne Saulier, Yolande. Le rôle du page Fridolin était confié à Arlette Dorgère. Et il ne faut pas oublier Eve Lavallière (Mitzy) qui triomphait chaque soir en exécutant la danse du ventre et le pas du dromadaire.

Roger Pierre, Jean Richard, Jean Marc Thibault (1952) jouent dans Le Sire de Vergy

Roger Pierre, Jean Richard, Jean Marc Thibault (1952)

Malgré son succès à la création, Le Sire de Vergy a été ensuite bien oublié. Le  » Bruyas  » ne cite aucune reprise parisienne jusqu’en 1952. Cette année-là, le petit théâtre de La Bruyère monta, avec une distribution réduite, mais inoubliable, le chef d’œuvre de Terrasse : Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Geneviève Kervine et dans le rôle du Sire de Vergy, Jean Richard. L’ouvrage était accompagné par un seul piano, mais sous les doigts experts de Jean Wiener ! Les décors étaient signés par le petit-fils du compositeur, Michel Terrasse.

Il faut ensuite attendre le 21 avril 2000 pour que l’ouvrage retrouve la capitale. Au théâtre des Bouffes-Parisiens, la distribution réunit Fabienne Guyon, Jean-Paul Farré, Bernard Alane, Cerise, Dozier/Patrick Haudecœur. Mise en scène d’Alain Sachs ; direction musicale, Patrice Peyrieras.
En 2002, l’Odéon de Marseille l’a donné avec, dans les rôles principaux : Pierre Sybil (Vergy), Jean-Jacques Chazalet (Coucy), Kathia Blas (Gabrielle), Sabine Jeangeorges (Mitzy), dans une mise en scène de Olivier Bénézech.
Avant cela, la télévision l’avait programmé en 1960, avec Pierre Mirat (Vergy), Jean Rochefort (Coucy), Suzanne Lafaye (Gabrielle), Lucie Dolène (Mitzy), sous la direction musicale de Gérard Calvi.

L’ARGUMENT :


Nul n’ignore la triste histoire de Gabrielle de Vergy. Le Sire de Vergy se sachant trompé par sa femme, tua l’amant et fit offrir à l’épouse infidèle le cœur du mort sous l’apparence d’un met délicat. Les auteurs ont transformé la légende médiévale en une farce irrévérencieuse :

Le Sire de Vergy, sa femme Gabrielle et le Sire de Coucy constituent le plus parfait ménage à trois que l’on puisse imaginer. Le seul souci de Vergy est d’être populaire auprès de ses vassaux. Tout aurait pu durer longtemps en l’état si un jour, Coucy ne s’avisait pas de trouver que Vergy, pourtant peu embarrassant, était de trop dans la partie.
Comment se débarrasser de lui ? La croisade, bien sûr. Coucy réussit à convaincre Vergy, qui se sentait pourtant si bien au coin du feu, et voilà notre valeureux guerrier parti combattre les infidèles en compagnie d’un voisin, le baron de Millepertuis, le plus brave et le plus gaffeur des hommes. Avant son départ, Vergy a la délicatesse de remettre à son ami Coucy la clé du fameux corset de fidélité de Gabrielle.

Vergy est maintenant loin et pourtant Coucy n’est pas heureux. Ce personnage raffiné estime que l’absence du mari enlève du sel à la liaison. Coucy s’aigrit, les amants en sont aux paroles désagréables lorsque Vergy revient, accompagné de trois captifs, Macach, Coco et la princesse Mitzy qui ne sont en fait que trois bohèmes. Car Vergy s’est contenté d’aller faire la fête à Lyon où Mitzy est devenue sa petite amie. Ce qui n’ empêche pas Vergy de raconter ses exploits guerriers.

Millepertuis, qui est allé réellement en terre sainte, réapparaît en piteux état pour donner lecture de lettres où les infortunes conjugales de Vergy sont contées. Vergy et Coucy ne peuvent pas échapper au duel. N’ayant guère envie de se battre, ils se mettent d’accord à l’abri des témoins : Coucy s’éloignera et Vergy annoncera qu’il l’a tué. Et, pour respecter la légende, il offre à sa femme une petite tranche de veau qui est censée passer pour le cœur de son amant.
Coucy réapparaît et l’on se pardonne bien volontiers. Le ménage à trois devient ménage à cinq : la princesse Mitzy trouve refuge dans le lit de Coucy, Gabrielle abandonne la clé de son corset au page Fridolin tandis que Vergy est content : il est toujours populaire.

Quelques reprises :

en octobre 1952, au théâtre La Bruyère, mise en scène de Jean-Pierre Grenier, au piano : Jean Wiener.
avec Jean Richard (Vergy), Roger Pierre (Coucy), Jean-Marc Thibault (Millepertuis), Geneviève Kervine (Gabrielle), Jany Vallières (Yolande), Jacqueline Allard (Mitzy)

en mai 2002, à l’Odéon de Marseille, mise en scène de Olivier Bénézech, direction musicale : Bruno Conti.
avec Pierre Sybil (Vergy), Jean-Jacques Chazalet (Coucy), Kathia Blas (Gabrielle), Marie-Louise Evora (Yolande), Jean-Marie Sévolker (Millepertuis), Sabine Jeangeorges (Mitzy)

LA PARTITION :


Ouverture
Acte I  : Chœur des gardes  » Sitôt que l’aube au ciel rougit » ; Valse  » Sous la douceur du ciel changeant  » (Gabriel, Vergy, Coucy) ; Couplets  » Hector de Vergy partant à la guerre  » (Vergy) ; Lettre  » Je viens de te quitter  » (Gabrielle) ; Duo  » Ah ! qu’il est doux de ne rien faire  » (Gabrielle, Vergy) – Finale  » Il faut partir » (tous).

Acte II : Entr’acte ; Choeur  » Or, aujourd’hui c’est la grand’ fête  » (chœur, Fridolin, Yolande) ; Prière  » Seigneur et vous les douze apôtres  » (Yolande, Gabrielle) ; Chanson  » Moitié violence, moitié douceur… Je suis le Sire de Coucy-Couça » (Coucy) ; Retour des croisés  » Nous revenons » ; Duo des captifs « Nous sommes captifs  » (Macach, Coco) ; Chanson « Pas un pat’lin » (Mitzy) ; Retour de Millepertuis  » J’arriv’ tout droit de la croisade  » (Millepertuis) ;  Finale « Ils vont se battre »  (tous).

Acte III : Nocturne  » Nous venons dans le bois noir » (les Dames) ; Quatuor « Ils peuvent se tuer  » (Millepertuis, Coco, Macach, Lancry) ; Choeur, air et ensemble « Le joyeux goûter » ; Finale « Sous la douceur » (tous).

FICHE TECHNIQUE :


Le Sire de Vergy

Opéra bouffe en 3 actes de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet. Musique de Claude Terrasse. Création à Paris, théâtre des Variétés, le 16 avril 1903.

Anna Tariol-Baugé (Gabrielle), Jeanne Saulier (Yolande), Arlette Dorgère (Fridolin), Eve Lavallière (Mitzy), Albert Brasseur (Coucy), Guy puis Max Dearly (Vergy), Claudius (Millepertuis), Prince et Max Dearly (les captifs)

Editions Durand (Max Eschig)

DISCOGRAPHIE :


 DVD

DVD du spectacle donné par l’Atelier Lyrique Angevin, mis en scène par Jocelyn Riche, et sous la direction musicale de Nicolas Berget
avec : Charles Mesrine (Vergy), Valeria Altraver ( Gabrielle), Mickaël Chartois (Coucy), Amélie Robins (Yolande), Nicolas Drouet (Millepertuis), Delphine Cadet (Mitzy).

DVD de l’INA, mise enscène de Claude Loursais, direction musicale de Gérard Calvi
avec : Pierre Mirat (Vergy), Jean Rochefort (Coucy), Suzanne Lafaye (Gabrielle), Anne Béranger (Yolande), Paul Crochet (Millepertuis), Lucie Dolène (Mitzy). (1960)

l’ORTF a diffusé cet ouvrage le 3 décembre 1971 (France Culture) avec Christiane Harbell et Jean Giraudeau .

© Académie Nationale de l’Opérette août 2016


Affiche pour Le Sire de Vergy